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Le VR Charity Event

  • Aurore MAS
  • 31 mars
  • 12 min de lecture

Quand la réalité virtuelle devient un véritable espace de solidarité



Pour inaugurer ce nouveau blog signé Virtual Show Production, il nous semblait difficile de commencer par autre chose que le projet qui, à bien des égards, résume le mieux notre vision de la réalité virtuelle.


Le VR Charity Event est un projet qui nous a permis de défendre une conviction simple, mais encore trop rarement mise en pratique : la réalité virtuelle peut être un véritable espace de rencontre, de création, de mobilisation et d’engagement collectif.


Et si cette idée peut paraître évidente aujourd’hui, elle ne l’était pas tant que ça au départ.


Car lorsque le projet a commencé à prendre forme, il avait surtout les contours d’un pari.


Un pari ambitieux, risqué, mais surtout profondément humain.



Janvier 2025.



À ce moment-là, le VR Charity Event n’existe encore que sous la forme d’une idée partagée entre quelques passionnés : celle d’organiser un événement caritatif intégralement pensé en réalité virtuelle, sur VRChat, diffusé en live, porté par des créateurs, des communautés et des intervenants issus de la scène VR.


Sur le papier, l’idée avait quelque chose d’excitant.

Dans les faits, elle soulevait immédiatement une autre question : est-ce réellement faisable ?


Nous voulions imaginer un véritable rendez-vous immersif, capable de vivre pendant 48 heures non-stop, de rassembler des dizaines de créateurs de contenu, d’accueillir des performances artistiques, des activités communautaires, des temps de rencontre, des animations interactives, des partenaires, des giveaways, et surtout une collecte solidaire au profit de deux associations qui nous tenaient particulièrement à cœur : Trans Lifeline et Trans Academy.



Autrement dit, il fallait faire de la VR autre chose qu’un décor.


Il fallait en faire un lieu de rassemblement.



Dès le départ, il était essentiel pour nous que l’événement repose sur une cause qui ait du sens.


Le choix de soutenir Trans Lifeline et Trans Academy n’a donc rien eu d’anodin.


Au-delà de leur travail respectif, ces deux structures représentaient à nos yeux quelque chose d’important : un soutien concret, humain et nécessaire à des personnes souvent confrontées à l’isolement, au manque de ressources ou à des parcours particulièrement fragiles.


Dans un environnement comme celui de la VR, où beaucoup viennent aussi chercher du lien, de l’expression, parfois même une forme de refuge, ce choix s’est imposé avec une vraie cohérence.


Nous voulions que cet événement soit plus qu’un moment festif ou spectaculaire.

Nous voulions qu’il ait une portée réelle.


Et c’est précisément cette articulation entre immersion, communauté et utilité concrète qui a donné au projet sa colonne vertébrale.



Très tôt, une évidence s’est imposée : pour qu’un événement de cette ampleur existe vraiment, il lui fallait plus qu’un nom.


Il lui fallait une identité.


Quelque chose de visuellement fort, de fédérateur, immédiatement compréhensible, et capable d’incarner l’esprit même du projet.


C’est ainsi qu’est née l’idée de la ruche.


Le symbole s’est imposé presque naturellement.

Une ruche, c’est un espace collectif, un organisme vivant, une structure fondée sur la coopération, le mouvement, la complémentarité, le travail commun.


Autrement dit : exactement ce que nous étions en train d’essayer de construire.


De là est née Ely the Bee, notre mascotte (dont le design ainsi que toutes ses déclinaisons ont été créés par Madame Kana), puis tout un univers graphique articulé autour des alvéoles, du miel, de la circulation, de la chaleur et de l’énergie collective.



Néanmoins, nous ne voulions pas que cette identité reste uniquement visuelle ou “marketing”.

Ely the Bee

Nous voulions qu’elle soit vécue.


L’univers de la ruche a donc été directement intégré à la conception de l’événement lui-même.



L’un des éléments les plus importants du VR Charity Event a été la création d’un espace capable d’exister comme un véritable lieu de rassemblement.


Pas simplement un décor de fond, mais un lieu dans lequel on puisse circuler, observer, se retrouver, assister à quelque chose, se poser, partir puis revenir, et surtout ressentir une présence collective.


La map a donc été pensée comme une grande structure alvéolaire, organisée autour d’un élément central fort : une immense jarre transparente, progressivement remplie de miel au fil des dons.


L’idée était simple, mais elle fonctionnait.


Au lieu de voir la cagnotte évoluer uniquement sous forme de chiffres, les participants pouvaient aussi la voir prendre concrètement forme dans l’espace.


Le don devenait visible, presque tangible, et donc bien plus réel.



Nous pensons que c’est précisément ce genre de détail qui change tout dans un événement immersif, car en réalité virtuelle, l’émotion ne passe pas seulement par ce que l’on regarde; elle passe aussi mais surtout par ce que l’on partage dans un lieu commun.


Autour de ce cœur visuel se déployaient différents espaces de vie, d’activités et de circulation, pensés pour éviter l’effet “plateau figé” et faire de la map un environnement réellement habité pendant toute la durée de l’événement :


Streaming room / Stage / Game room / Arcade / Bees' race

/ Groups district / Sleeping room



La modélisation 3D de cet univers a été entièrement réalisée par CréaCube, que nous remercions encore une fois chaleureusement pour avoir réussi avec brio à donner forme à cette vision.



Et à partir du moment où nous avons vu les premiers tests prendre vie, une bascule s’est opérée.


Le projet n’était plus seulement enthousiasmant sur le papier; il devenait concret.



Vu de l’extérieur, organiser un événement en réalité virtuelle peut sembler plus “simple” qu’un événement physique. Après tout, pas de salle à louer, peu ou pas de frais, pas de déplacement, et pas de scène à monter au sens traditionnel.


Mais dans les faits, un projet comme celui-ci demande une rigueur d’organisation considérable, et toute l'équipe s'en est rapidement rendu compte...


Un événement immersif ne se résume pas à sa présence visuelle.

Il faut penser :


  • au rythme,

  • à la technique,

  • aux relais,

  • à (l'écrasante) fatigue,

  • à la fluidité,

  • à la gestion des imprévus (spoiler alert, on en a eu pleins),

  • à l’énergie collective sur la durée,

  • à la cohérence entre ce que vivent les personnes présentes sur place dans la map, celles qui regardent le live sur Twitch, et celles qui interviennent à différents moments du week-end,


et surtout, il faut éviter un écueil très simple : le vide.


Car tenir 48 heures est une chose.

Tenir 48 heures avec du sens, du rythme et une vraie qualité de présence en est une autre.


Nous voulions un évènement qui vit réellement.


Cela a impliqué des semaines, puis rapidement des mois de préparation, de coordination, de tests, d’ajustements, de doutes, de corrections et de discussions parfois animées sur des détails qui, mis bout à bout, ont fait toute la différence, et c’est aussi cela, la réalité d’un projet comme celui-ci.



Aucun concept, aussi séduisant soit-il, ne tient debout sans les bonnes personnes autour.


Très vite, le VR Charity Event a cessé d’être une idée portée uniquement par notre petit équipe du Virtual Show Production, pour devenir un véritable projet collectif.


Il a fallu constituer une équipe capable de porter des besoins très différents, que ce soit la direction artistique, la technique, la régie, l’animation, la programmation, les relations partenaires, la communication, la coordination des streamers, l’intégration des intervenants, l’accueil, les transitions, ou les imprévus.


En clair : il fallait une vraie équipe de production.


Et ce qui nous a probablement le plus marqués dans cette première édition, c’est la confiance que nous ont accordée les premières personnes sollicitées.


À ce stade là, il n’y avait encore aucune garantie de réussite.


Pas de précédent.

Pas de preuve.

Pas de formule testée.


Seulement une vision, une énergie, et la volonté de faire les choses sérieusement.


Le fait que des créateurs, des artistes, des communautés et des partenaires aient accepté d’embarquer avec nous à ce moment-là a eu un impact énorme sur la suite. Parce qu’à partir du moment où d’autres croient en votre projet, vous n’avez plus le droit de le traiter comme une simple idée.


Vous devez être à la hauteur.


Et c’est exactement ce que nous avons essayé de faire.


C’est aussi l’occasion pour nous de remercier vivement les marques qui nous ont fait confiance en offrant des produits (matos VR et vêtements inclusifs) mis en jeu et remportés par tirage au sort parmi les personnes ayant contribué à la cagnotte; SlimeVR, GiggleTech, EOZVR, Somatic VR, Space Crapaud, UDEXREAL et UNTAG.



L’un des grands enjeux du VR Charity Event était de construire une programmation qui ne donne pas l’impression d’être une simple suite d’activités.


Nous voulions une expérience qui respire, qui alterne les intensités, qui garde le public curieux, impliqué, surpris, et qui reflète aussi la diversité réelle de la scène VR.


Le week-end a ainsi été rythmé par des formats très différents : concerts, performances, shows, moments communautaires, projections, activités interactives, initiations, formats plus contemplatifs, échanges plus calmes, séquences plus physiques ou participatives.


Et cette diversité racontait quelque chose de fondamental : la VR n’est pas un bloc homogène.


C’est un écosystème traversé par des cultures, des sensibilités, des usages et des formes d’expression extrêmement variés.



Le VR Charity Event avait précisément pour ambition de donner un espace commun à cette pluralité.


Parmi les présences marquantes de cette première édition, plusieurs figures et communautés emblématiques de la scène VRChat ont largement contribué à donner à l’événement son relief et sa personnalité :



  • TFMJonny et LydianMelody ont livré un concert particulièrement intense (dont je ne me remets TOUJOURS pas), mais aussi Starheart, Kitkat, le célèbre duo Japonais Amoka, AstrixZ, Kookie, Puppi ou encore Elya Kaleua qui nous ont également partagé leurs jolies voix,


  • La team de Luxe Nova nous a fait l’honneur de proposer une performance spectaculaire, fidèle à l’exigence visuelle et artistique qu’on leur connaît,


  • Ru, Meowski et The Last Seahorse on fait marcher nos full body tracking avec des DJ sets incroyables,


  • DustBunny, à la tête de la VR Dance Academy, a apporté une autre forme d’énergie avec des sessions de danse et de yoga, tandis que l’équipe de The Mighty Gym a proposé des moments interactifs plus physiques et très appréciés (malgré les courbatures),


  • Les Filmmakers of VRChat ont offert un contrepoint plus contemplatif avec la projection de plusieurs créations audiovisuelles, pendant qu'Oz Pearsall, propriétaire de la Strange Pear Gallery of Fine Arts, partageait une dimension plus artistique encore, enrichie par la mise en jeu de certaines de ses œuvres physiques au profit de la cagnotte,


  • Haya Tikaze a également proposé un cours de japonais avec la Japanichijou, tandis que l’équipe de Helping Hands a offert un temps d’apprentissage autour de la langue des signes,


  • Quantum, SoundsLikeRonen et Liindy nous ont fait le plaisir de nous présenter leurs créations d'avatars et d'assets VR et d'en faire remporter aux plus chanceux d'entre vous,


et bien sûr, il y avait les streamers.



35 d'entre eux, chacun avec son ton, sa communauté, son énergie, son rythme, et sa manière d’habiter l’événement :



Leur rôle a été absolument central.


Au-delà de la visibilité qu’ils ont apportée, ils ont aussi permis de faire vivre l’événement de l’intérieur, d’en transmettre l’ambiance, de maintenir la dynamique, de créer des passerelles entre leurs publics et cet espace collectif un peu hors norme.


Très sincèrement, l’implication de certain·e·s a parfois dépassé tout ce que nous avions osé espérer. Encore merci à tous.tes !


Et c'est sous oublier nos 4 hosts de qualité, qui ont ensemble réussi à animer ce live démesuré, et qu'on remercie à nouveau également; Parzeval, Hyroe, Meaty et ChyadoSensei.



Il y a une question qui revient souvent lorsqu’on parle de ce type d’événement :

qu’est-ce que la VR change réellement ?


La réponse la plus honnête, c’est qu’elle ne change pas tout.

Mais elle change quelque chose de très précis et de très précieux : la manière dont on partage une présence.


Regarder un live sur une plateforme vidéo est une expérience.

Être dans un espace, voir les autres s’y déplacer, réagir, se regrouper, observer ensemble, attendre ensemble, découvrir ensemble, en est une autre.


Cette différence peut sembler abstraite tant qu’on ne l’a pas vécue, mais une fois qu’on y a goûté, elle devient très concrète.


Pendant le VR Charity Event, cette dimension s’est ressentie à de nombreux moments; que ce soit dans les réactions spontanées, les rassemblements autour de certaines performances, les temps plus calmes partagés presque en silence pour recharger les batteries, les élans de groupe, l'euphorie partagée, et dans la manière dont un objectif collectif devenait visible et émotionnellement perceptible.


Voir la jarre se remplir progressivement en direct, dans un espace que l’on habite avec d’autres, ne produit pas le même effet qu’un simple compteur qui grimpe dans un coin d’écran.


La VR n’ajoute pas seulement une couche visuelle; elle ajoute une qualité de présence.


Et dans un événement caritatif, cette présence change profondément la manière dont la mobilisation se vit.



Au fond, le VR Charity Event ne devait pas simplement “fonctionner”.


Il devait montrer qu’un événement caritatif ambitieux, structuré, crédible et émotionnellement fort pouvait exister entièrement en réalité virtuelle, sans être traité comme un sous-format ou comme une curiosité de niche.


Et sur ce point, cette première édition a été extrêmement importante pour nous.


Bien sûr, il y a les résultats visibles.

La mobilisation, l’implication des communautés, les retours extrêmement positifs, la visibilité offerte aux associations, aux intervenants, aux partenaires et aux communautés présentes.


Mais il y a aussi quelque chose de plus diffus, et peut-être encore plus précieux : la preuve par l’expérience.


La preuve que ce format peut tenir.

La preuve qu’il peut toucher.

La preuve qu’il peut fédérer.

La preuve qu’il peut être pris au sérieux.


Et dans un paysage où la réalité virtuelle est encore trop souvent réduite à ses usages les plus superficiels, cette démonstration compte.



Au-delà de l’événement lui-même, le VR Charity Event ouvre aussi une réflexion plus large sur ce que peut devenir l’événementiel en réalité virtuelle dans les années à venir.


La VR ne remplacera pas les événements physiques, et ce n’est ni son but, ni son intérêt.


En revanche, elle ouvre un champ extrêmement fertile pour imaginer d’autres manières de rassembler : plus accessibles, plus internationales, plus expérimentales, plus malléables, et forcément plus inclusives.


Elle permet à des personnes éloignées géographiquement de partager un même espace.

Elle permet d’inventer des formats scéniques impossibles à reproduire dans le monde physique.

Elle permet aussi d’imaginer des expériences hybrides, à la croisée du spectacle, du direct, du jeu, de la performance et du social.


Ce qu’elle propose, ce n’est pas une version “moins bien” du réel.


C’est un autre langage.


Et lorsqu’il est travaillé avec sérieux, ce langage peut produire quelque chose de puissant.


C’est aussi cela que le VR Charity Event nous a permis de confirmer.



Et maintenant ?


Si cette première édition était un pari, la suivante sera pour nous la confirmation de la magie.


La deuxième édition du VR Charity Event est d’ores et déjà en préparation, avec une ambition claire : aller plus loin, sans perdre ce qui a fait la force de la première.



Cela passera notamment par :


  • une map revisitée,

  • de nouvelles collaborations artistiques et communautaires,

  • une production technique renforcée,

  • une expérience encore plus fluide pour les participants comme pour les spectateurs,

  • et une interaction plus poussée entre le live, l’espace immersif et la collecte en temps réel.



Mais au fond, l’essentiel ne se résume pas aux nouveautés, ce qui compte, c’est que cette première édition a posé des bases solides.


Elle a montré qu’un projet né d’une passion commune, d’une vraie exigence de production et d’un sens profond du collectif pouvait devenir bien plus qu’un simple évènement.


Elle a montré que la réalité virtuelle pouvait, elle aussi, être un lieu où l’on se rassemble pour quelque chose qui nous dépasse.


Pour cette 1ère édition 2025, tout cela s'est traduit par 48h de live, 35 streamers, 12 artistes, 8 communautés, 7 marques partenaires, 1 rêve, et un peu plus de 51.000 $ de dons dans la cagnotte.


Les mots manquent pour réellement exprimer notre reconnaissance, qui est absolue.



Si vous découvrez aujourd’hui le VR Charity Event pour la première fois, retenez peut-être simplement ceci :


dans une ruche, aucune abeille ne construit seule. Mais ensemble, elles sont capables de bâtir quelque chose de vivant, de structuré, de précieux, et parfois même, de profondément marquant.




Et en novembre 2026, l’essaim sera encore plus grand !




Quelques mots de l'équipe du Virtual Show Production :


Mr_Kus (Créateur du VR Charity Event) :

"C'était plus intense que tout ce que j'ai vécu jusqu'ici. De la préparation stressante au jour J où on ne s'attendait pas à une telle réussite, j'étais submergé d'émotions; de la fierté de mon équipe, de moi même, de tous les gens qui ont participé et surtout de la confiance qu'on m'a fait"



Créacube (Modélisateur 3D de la map) :

"Pour moi le résumé de tout ça c'est quand

même que les grandes choses commencent toujours par un petit pas ! ❤️"




Madame Kana (Directrice com et visuels) :

"Il y avait mille réalités où le projet échouait, et une seule où il trouvait le succès; les étoiles devaient être alignées, car nous sommes tombés sur la bonne"




Hyroe (Host) :

"Juste 3 mots : Partage, Vivant et Émotions"





Saturnia (Cadreuse) :

"Ça a été une expérience humaine exceptionnelle, avoir autant de monde réunis au même endroit, de pleins de pays et cultures différentes, rassemblés autour d'une cause commune, ça n'a pas de prix"




SidMarcus (Cadreur) :

"Un joyeux bordel organisé"




Lucas (Réalisateur Multicaméra) :

"Je suis content d'avoir pu participer à la mise en image de cet événement !"





Kyandiyu (Interview Host) :

"L’une des expériences les plus marquantes que j’aie vécues jusqu’ici, toutes réalités confondues. Voir autant de bonheur sur place, sentir une telle vague d’énergie positive, et voir le travail de toute une équipe prendre vie de manière aussi concrète… c’est le genre de moment qui laisse une trace. "




- Rédigé par Kyandiyu,

le 28 mars 2026


 
 
 

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